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  AFI - Mercredi 14 Février 2007
AFI
A Fire Inside a été l'un des groupes punk les plus emblématiques des années 90. Au fil des albums ils ne finissent pas de nous impressionner grâce à leur évolution constante. Une interview en compagnie d'Hunter, le bassiste, ne se refuse bien évidemment pas. C'est à l'autre bout de son téléphone à Springfield, Missouri qu'il a accepté de répondre à mes questions.




Julien : December Underground est sorti il y a bientôt 1 an vous n’avez pas arrêté de tourner depuis, comment cela se passe ? Avez-vous pu commencé à composer quelques extraits ?

Hunter : Et bien en fait, ça se passe même très bien. C’est vrai qu’on est en tournée presque tout le temps, on s’amuse toujours autant et on joue encore de très bons shows. En général, on ne compose pas de nouvelles chansons pendant la tournée, on attend plutôt la fin pour le faire. Donc pour le moment on n’a pas de nouvelles chansons, mais on joue sur scène des morceaux très anciens qu’on n’avait plus joués depuis genre 5 ans ! On travaille beaucoup nos sets. Donc c’est en quelque sort d’anciennes nouvelles chansons !

Sur votre page myspace vous citez Baudelaire en français ainsi que de nombreuses références à la culture française. Pourquoi autant d'intérêt pour notre pays ?

Hmm, c’est une bonne question ! Il n’y a en fait aucune raison particulière à cela. Je veux dire, je pense qu’il y a toujours eu des Français fascinants, vous savez, certaines villes françaises ont toute une histoire. Je crois qu’on est tout simplement fascinés par certaines personnalités françaises et vous avez quelque chose qui, je ne sais pas, nous attire.

Votre style musical a évolué avec December Underground et encore une fois vous avez utilisé beaucoup de nouvelles choses pour avoir un résultat unique. A quoi pouvons nous nous attendre pour le prochain album ?

Eh bien, tu sais, on n’en a nous même pas encore idée. C’est toujours une sorte de challenge de composer de nouvelles chansons et de les enregistrer. On essaie juste de voir alors quelle technique on peut vraiment utiliser afin d’en faire quelque chose que l’on a pas encore fait. Et je pense qu’on verra à ce moment là ce qu’on mettra ou non dans le prochain album.



Qu’est ce que tu ressens lorsque tu vois que certains fans de vos débuts vous lâchent au fur et à mesure de votre évolution ? Comprends-tu leur déception ?

Généralement, la réaction des gens qui nous écoutent depuis des années, admettent notre évolution musicale, en fait généralement les gens nous soutiennent beaucoup dans notre évolution. C’est presque prévisible et attendu pour nous d’évoluer d’un album à l’autre, de la même manière que les gens évoluent au cours des années. On peut prendre comme exemple les Beatles, qui au cours de leur courte carrière, ont enregistré beaucoup d’albums, tous un peu différents.
On se bat pour ça nous, tu sais, pour quelque chose qui soit différent du précédent album à chaque fois. On veut juste montrer qui on est et où nous sommes et je pense que nos fans voient ça et en sont conscients.

Vous avez ajouté beaucoup de photos de vous en compagnie de fans dans votre dvd. Pourquoi avez vous décidé de faire ça ? Est-ce une sorte d'hommage pour eux ?

Oui absolument. Je veux dire, nous n’en serions jamais arrivés là ou nous en sommes sans nos fans. Aux concerts, comme celui qu’on a enregistré pour le dvd, les fans représentent tout pour nous. On ferait le même spectacle, peu importe où, devant personne ou devant des milliers de gens et pour ce coup ci c’était devant des milliers de gens. Et ça c’est génial, ils chantent tout le long avec nous, ils nous supportent tellement. Ils dédient vraiment leur vie à notre musique.

Est-ce difficile justement de rester proches de vos fans, maintenant que vous êtes très connus et que vos fans se sont multipliés ?

Je fais un effort pour essayer de passer du temps avec mes fans, avant et après les shows, j’essaie de leur parler. Mais c’est vrai que ça devient de plus en plus dur, comme il y a des centaines de personnes qui voudraient me parler. Honnêtement, je n’ai pas assez de temps à consacrer à chacun d’entre eux, ils sont trop nombreux, mais j’essaie de parler au plus de gens possible.



Lorsque l'on voit vos anciens concerts, on peut voir que vous êtes progressivement passez de simple concert à de vrais spectacles. Maintenant vous faites vraiment attention aux décors et à vos costumes. Vous créez une sorte d'atmosphère. Pensez vous qu'il y ait un parallélisme entre cela et le fait que vos albums soient de plus en plus aboutis ?

Oui, il y a évidemment un parallélisme. Je dirais que c’est une partie de notre évolution. Puisque le cd est devenu plus populaire et que l’on vend plus d’albums, je pense qu’on en est arrivé à un point où on essaie de peaufiner nos shows pour les rendre très visuels, en reflétant un look particulier. Et c’est absolument la suite logique d’une évolution, et je suis sûr qu’on continuera à ajouter des effets visuels aux prochaines chansons (la scène, l’aspect particulier).

Il y a beaucoup de mystères autour de vos deux derniers albums Sing The Sorrow et December Underground. Y pensez vous dès le début de leur conception ?

Hmm, oui en fait, je dirais qu’on y pense dès le début, ça fait complètement partie du processus d’écriture.

Pouvons nous espérer une suite à Clandestine ?

Oh, et bien on en a parlé c’est vrai, mais on n’a rien planifié de précis. On doit d’abord finir la tournée avant de penser à ça.

Penses-tu que les mystères sont une partie intégrante des albums ?

En tous les cas il fait partie de notre culture de groupe, celle qui entoure AFI, et qui se répercute sur tout, les textes, notre travail, sur tout en fait. Et c’est quelque chose qui va incontestablement continuer.



Vous êtes de retour en France dans le cadre du Give It A Name, c’est votre premier passage depuis 4 ans. Comment l’appréhendez vous ? Pourquoi avoir tant délaissé la France lors de vos précédentes tournées européennes qui suivent December Underground ?

Oui je suis vraiment excité à cette idée. Il n’y a aucune raison particulière à cela en fait. On a fini de tourner il y a 4 ans je crois pour STS et on n’a été nulle part ailleurs non plus depuis pas mal de temps en fait, excepté cette année. On essaie juste de tourner aux plus d’endroits possible. C’est dur car il y a des tas de villes ou on aimerait jouer ou bien passer du temps.


Tu joues dans un des groupes ayant eu une grande influence dans le mouvement punk à fin des années 90. Vous vous éloignez de plus en plus de cette scène au fil des albums. De plus tu as dit dans une récente interview que tu en avais marre d'être punk. Comme qualifies tu ta carrière aujourd’hui ?

C’est clair qu’on n’est définitivement plus un groupe de punk. Notre musique n’est plus spécifique à un genre particulier, on a dépassé le stade d’un genre spécifique, une des choses qui construit notre style est le punk mais les choses les plus récentes que nous n’ayons faites sont également d’un genre alternatif. Je pense que la seule manière de décrire le style du groupe serait tout simplement « rock ». On se doit de rester dans le général car on essaie de couvrir plusieurs différents styles de notre palette musicale.

Avez vous de nouveaux buts à accomplir ?

Tout simplement celui du début : continuer à faire ce qu’on fait sans faire de compromis. Je pense que ce sera notre but éternel.



Le AFI définitivement punk ne te manque pas ?

Hmm non, en fait on s’amuse autant, surtout qu’on inclut maintenant d’anciennes chansons qu’on n’avait plus joué depuis longtemps. C’est sympa mais c’est aussi inconsistant à un certain degré avec le reste des choses que l’on joue.
On ne veut pas qu’un show paraisse bizarre avec des chansons complexes et des chansons simples, on veut que cela paraisse comme si toutes les chansons provenaient de la même énergie. Mais c’est dur quand tu as des chansons aussi vieilles que l’age de certaines personnes du public alors, on saute beaucoup mais on reste aussi posé pour compenser ça (rires).

Comment se passe généralement une tournée avec AFI ?

C’est génial, on fait ça depuis si longtemps, on a toujours plein de fans prêts a faire la fête et quand on a nos amis avec nous en tournée c’est encore mieux, on ne fait que sortir, rien de vraiment « fou ». On profite de notre temps en privé, de nos sorties entre amis, des périodes plus calmes

As-tu des meilleurs souvenirs de tournée ?

Ouhh, il y en a tellement ! Je crois qu’à chaque fois qu’on passe dans une ville je me remémore le précédent show effectué dans cette ville en fait, j’essaie de me souvenir des meilleurs moments passés. Tu sais on joue des centaines et des centaines de shows. C’est incroyable quand je repense au nombre de shows qui ont été géniaux. Quand on me demande de raconter des moments un peu fous de la tournée, ce sont plutôt les mauvais souvenirs auxquels je pense mais je préfère garder les bons (rires).

Pour finir, as tu eu le temps d'écrire quelques chansons pour ton side-project Hunter revenge ?

J’ai encore rien écrit de très peaufiné comme nouvelles chansons mais on va pas tarder à enregistrer pour pouvoir tourner.

Merci beaucoup, à bientôt au Give It A Name !


Interview par Justme
Traduction par Magali, correction par Hardtack
Photos par Afireinside.net

Remerciements : Marina @ Active Entertainment, Arnaud @ Afrenchinside.net, Hunter @ AFI !


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